mardi 8 avril 2008

avion renifleur suite

La seule fois où je me suis rendu dans un dépôt Emmaus, j’en suis ressorti avec un cabas rempli de chaussures de femmes usagées. J’avais d’abord pris soin de ne sélectionner que les grolles dont les semelles gardaient l’empreinte bien caractérisée de la plante des pieds avant de m’apercevoir, après un test de reniflage discret, qu’il y manquait ce que j’y recherchais en premier lieu, à savoir cette bonne vieille puanteur de fromage moisi. Il en va des chaussures de femmes comme des fleurs. Ce ne sont pas les plus belles d’aspect (je devrais écrire les plus cradingues) qui sentent le plus. En fait il n’y a pas vraiment de règle en la matière sinon que c’est plutôt le pied qui fait l’odeur non la grolle. Il y a des femmes dont les pieds resteront aussi fades et inodores qu’un sol carrelé d’hôpital nettoyé à l’eau de javel tandis que d’autres, mieux dotées en qualités gustatives, transpireront du panard comme un marathonien afghan au 42ème kilomètre et des brouettes de sa course d'abruti.

Aucun commentaire: